lundi 11 février 2008

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Pas de réelle surprise à Notre-Dame-de-Landes, où la résignation l'emporte. : Marc Ollivier
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Autorisation de vol pour Notre-Dame-des-Landes

Il était depuis plusieurs mois en bout de piste. L'aéroport a reçu, samedi, son autorisation de décoller du Premier ministre.

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Solidarité de territoire, François Fillon, le Premier ministre, l'avait promis au maire de Nantes fin décembre : il signerait sans rechigner le Décret d'utilité publique pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il l'a fait samedi (1), sitôt après l'avis du Conseil d'État. L'approbation a été publiée dimanche au Journal officiel. Il convenait de faire vite, le Grenelle de l'environnement aurait pu modifier rapidement la climatologie sociale autour de ce projet soutenu, en Bretagne et Pays de la Loire, par un très large consensus politique, économique et syndical. Désormais, les hypothèses et les contestations laissent la place à un échéancier précis et à des objectifs chiffrés : les premiers avions en 2015 et 9 millions de passagers en 2050.

Pourtant, les élus et les acteurs économiques ont le triomphe modeste. D'abord parce que l'issue de ce projet, relancé en l'an 2000 pour transférer l'aéroport de Nantes-Atlantique, ne faisait pas l'ombre d'un doute ; la « surprise » reste donc très mesurée. Ensuite, parce qu'il convient de ne pas prêter le flanc à des débats qui pourraient perturber le cours d'échéances électorales finalement assez ternes.

Aéroport environnemental

De façon assez déconcertante, les Verts, qui avaient sur ce dossier une formidable caisse de résonance à leur disposition et une légitimité certaine, restent très en retrait des débats. S'ils soutiennent sans effusions excessives le collectif d'opposants et disent leur rejet de l'aéroport, cela ne va pas jusqu'à compromettre leurs alliances politiques électorales, en particulier avec le PS et Jean-Marc Ayrault. Pour faire bonne mesure, des études complémentaires, environnementales, seront engagées et les indemnisations aux agriculteurs sont prévues. On évoque même une grande première dans le domaine : un aéroport « haute qualité environnementale ».

Les opposants, associations regroupées en collectif, portent un discours environnemental brutalement revenu dans l'air du temps, adossé aux voix des habitants de la troisième couronne nantaise. Pendant les trente ans de gestation de l'aéroport, ce territoire agricole a connu le choc de l'étalement urbain et une croissance démographique de 120 %. Aujourd'hui, la communauté de communes d'Erdre et Gesvres compte environ 50 000 habitants et les estimations laissent penser que la gêne pourrait concerner 41 000 habitants. Une question à laquelle le décret signé par le Premier ministre n'apporte pas de réponse. Elle ne sera du ressort que des élus locaux.

Camille GUILLEMOIS, Gaspard NORRITO, Jocelyne RAT et Jacques SAYAGH.

(1) Voir notre dossier Panorama du Dimanche Ouest-France (10/02)

Ouest-France